J'étais sa petite femme
Un matin, en allant aux toilettes, je découvris avec stupeur que mon slip était trempé de sang. Je n'avais que 9 ans et j'étais encore bien trop jeune pour avoir mes règles... J'ai pris mon slip et après m'être frotté à avoir la peau rouge, je l'ai caché sous mon armoire derrière la porte. Il ne fallait surtout pas que ma mère le voit car elle serrait en colère et je serrais à nouveau responsable de son état. Je n'ai eu mes règles que deux années plus tard et je n'ai qu'un souvenir lointain de ce qui s'est passé cette nuit...

A l'entrée de mes 11 ans, j'ai eu mes premières règles et des crampes invivable dans le bas ventre. Je savais ce que ça signifiait; je devenais de plus en plus une petite femme et je pouvais désormais tomber enceinte.

Cela me faisait peur. Mon père abusait toujours de moi. Certains soirs je m'endormais et me reveillais en sursaut au milieu de la nuit avec une brûlure entre les jambes et les mains de mon père qui me tripotaient. Il se levait toujours très vite et disait "chut!! Il ne s'est rien passé je voulais juste voir si tu dormais bien" Je savais que ce n'était pas vrai car je l'avait vu et sentis! Mais à nouveau je me tus.

En voyant mon corps se développer si jeune, mon père devint de plus en plus insistant. Il trouvait regretable qu'en Suisse le mariage entre un père et sa fille soit illégal car il voulait m'épouser. J'étais devenue sa petite femme. Lorsque ma mère était en maison de repos, il aimait se pavaner avec moi devant les voisins en m'embrassant. Il disait que puisque sa femme était absente il fallait bien qu'il ait une remplaçante. Il faisait souvent des commentaires sur mon physique et ma poitrine déjà bien développée pour mon âge. J'étais rouge de honte, mais les voisins trouvaient ses propos amusants.

Je ne savais plus comment extérioriser ma souffrance et un jour, j'ai eu un véritable coup de folie. J'ai pris un ciseau et j'ai ouvert le ventre de mon ours en peluche préféré, le gros panda qui a été là à 5 ans, lors de la toute première fois que j'ai fait la connaissance du mot souffrance. J'ai vidé mon compagnon de misère de tout son contenu ouaté et l'ai lancé contre le mur de ma chambre. Puis prise de gros regrets, je lui ai remis la ouate et je l'ai recousu du mieux que je pouvais. Je l'ai serré très fort dans mes bras pour lui demander pardon en pleurant. Je ne comprenais pas que ma peluche m'ait laissée tomber ainsi. Avec toute ma foi d'enfant je pensais qu'elle aurait du me protéger des "méchants" et me défendre devant ceux qui voulaient me faire du mal. On se ressemblait mon ours et moi, souffrants, écorchés, recousus et silencieux.

Ma toute première poupée Cindy a elle aussi passée sous mes doigts désespérés. Un jour, je lui ai coupé les beaux longs cheveux bouclés qu'elle avait à ras la tête. Un autre jour, je lui ai mis un pied dans le feu de cheminée de la cuisine pour qu'il soit brûlé. Mais à nouveau prise de gros regrets, je lui ai bandé le pied et l'ai "consolée". Dernièrement, ma mère les as tout les deux jetés sans me demander mon avis. "Mais ils étaient tout abîmés!!" a-t'elle dit lorsque j'ai protesté. Malgré leurs état pitoyable ca m'as fait très mal, car ils étaient les dernières preuves palpables de mes souffrances.



Commentaires
Sencia le 17/10/2008 à 14:01:09> Edwige; Coucou ma Jumelle! Pour mes voisins mon père était le père parfait et ils ne pouvaient pas se permettre de, ne ce serrait-ce que concevoir, que mon père était différent de ce qu'il montrait. La souffrances des autres est parfois à tel point insuportable à voir ou à entrendre pourl'entourage qu'ils préfèrent détourner le regard et se raconter des histoires...
Merci ma Jumelle parce que tu me lis! Je suis très touchée par ce geste car je sais que ce n'est pas facile pour toi. Je te fais de gros gros bisous rempli d'amitié
Edwige le 16/10/2008 à 12:56:36
Moi je reste sans voix... Ce qui me dépasse aussi c'est que les voisins n'aient pas été sensible à la souffrance d'une petite fille
rosesther site : rosesther.skyrock.com | le 07/07/2008 à 14:25:16
comment ta propre mère a tel oci pu te traiter de la sorte, ken je voi le role inverse k vou jouié toi comme une mère et elle come ta fille. je me demande commen est ce kil arive a te regardé san avoir honte deu. comme ton père peu til se prosterné devan Christ e se mettre devan les fidèle du Seigneur et préché la bonne nouvell.
il, on été san coeur avec toi.
Sencia site : sur-re-vivre.blog4ever.com | le 11/06/2008 à 21:36:43
Merci à vous mes très chères lectrices et commentatrices! Votre présence sur mon blog, vos encouragements, vos coups de gueules,votre attention et surtout vos commentaire me touchent énormément. J'ai l'impression de ne plus être aussi seule grâce à vous. Merci!! Vous êtes géniales!! Bisous Sencia
bb site : http://c-mon-histoire.blog4ever.com/ | le 11/06/2008 à 19:55:07
moi quand je lis des trucs pareils à notre époque, ça donne des envies de Me....à notre époque cela ne devrait plus exister et on devrait remettre la peine capital, enfin, cela n'engage que moi, mais sur que les lecteurs sont du mêmes avis!!!!sauf qui n'osent pas le dire, voilà encore des vies brisée,gâchées avec des souffrances à vie!!!. je pense très fort à toi de tout mon cœur et te souhaites beaucoup de courage pour dévoiler la suite de ton histoire. Courage ma belle tu vas y arrivée!!!!
Toujours là pour toi le 09/06/2008 à 20:07:30
Colère et haine ! Voilà ce que je ressens en lisant tes articles. Le Monde est cruel. Les gens sont complètement fous. Et il n'y en a pas un pour rattraper l'autre. Si je le pouvais j'utiliserait ma petite machine à remonter le temps (que je n'ai pas encore fabriquée) et je me rendrais sur place-à chaqun de ses moments-où quelqu'un a osé te faire du mal et je viendrais les pulvériser !!! Je voudrais tellement faire en sorte que rien de tout ça ne te soit arrivé. Tu es ma meilleure amie. Mon impuissance face à tout cela me dépasse... c'était mon coup d'gueule....