Plus confiance en personne!
Après ce qui s'est passé à l'école pendant ma 3ème année, je ne faisais absolument plus confiance à personne. Les enfants, mais surtout les adultes représentaient toujours un danger pour moi.
A la maison, mon père continuait de me taper et d'abuser de moi. Je devais prendre de plus en plus de responsabilités au sein de la famille. Je me donnais mon possible pour accomplir toutes les tâches, mais pour mes parents ce n'était jamais assez... Alors un soir j'ai décidé de me rebeller. J'avais 9 ans...
Mon père aimait se faire servir à table et ailleurs et il fallait toujours courir pour être à son "service". Un soir, lassée par ses allures de dictateur, je lui ai dis qu'il n'avait qu'a aller chercher lui-même ce dont il avait besoin. Cette réponse m'a value une belle raclée, mais ça ne m'as pas appris... Je n'en pouvais plus d'obéir à tout ses caprices puisque de toute manière je n'étais jamais assez performante pour lui.

Ma mère venait souvent me retrouver le soir dans mon lit. Mais pas pour me border ou me dire bonne nuit, mais pour me faire des reproches sur mon comportement envers mon père et elle-même. Elle restait assise pendant de longues minutes à me faire comprendre à quel point j'étais une «grosse vache malpolie» et une enfant méchante d'oser me rebeller comme ça contre mes propres parents.
Je pleurais beaucoup et j'essayais de me faire pardonner pour mon "horrible" comportement, mais elle continuait de me répéter son dédain pour moi. Aucun mot n'était assez blessant pour me faire comprendre qu'elle ne m'aimait pas."Connasse, salope, grosse vache, idiote, nulle, débile et j'en passe, étaient ses armes de destruction à elle. Et j'ai fini par accepter ce qu'elle me disait. Forcément on me rejetait partout alors pourquoi aurait-elle tort?
Quand elle estimait que je n'avais pas encore assez souffert, elle m'ordonnait de descendre au salon ou se trouvait mon père. Mon frère Antony devait aussi être présent et ensemble nous devions demander pardon par la prière auprès de Dieu, pour moi qui était une si horrible fille possédée par des démons du mal. Mon père terminait le supplice par des mots de la Bible en soulignant à quel point j'étais la pire pécheresse. Il aimait répéter qu'un jour je subirais le pire châtiment auprès de Dieu pour avoir osé me comporter ainsi contre mon propre père.

Je n'oublierai jamais ce soir, où après une réplique que j'avais faite à mon père, (du genre "c'est pas juste ce que tu dis!!") il vint tambouriner à la porte de ma chambre où je m'étais enfermée pour pleurer. Il m'ordonna de lui ouvrir au risque de défoncer la porte si je ne lui obéissais pas. Bien obligée de lui ouvrir, je déverouillai la porte. Il se tenait devant moi; un grand et costaud paysan contre une petite fille de tout juste 9 ans. Il me regarda droit dans les yeux et me balança: " On ne t'aime pas, on ne t'a jamais aimée. On ne veut plus de toi et on ne te supporte plus. On préfère ton frère Antony lui on l'aime, il est gentil, obéissant et poli pas comme toi. On vas te placer dans un foyer"
Mon monde s'est écroulé à l'instant où il a prononcé ces mots. On ne t'aime pas, on ne veut plus de toi, tu es de trop... Après tout le mal que je m'étais donné à leurs plaire et à être comme ils le désiraient, ils ne voulaient plus de moi.

Puis le foyer... Mon père qui était un grand passionné de l'histoire des camps de concentration lors de la 2ème guerre mondiales en parlait souvent, il disait que là-bas on enfermait les fillettes comme moi dans une cave sombre avec des bêtes horribles, sans eau, ni nourriture, que les tortures corporelles étaient à l'ordre du jour y compris le travail forcé et que les responsables saurraient m'apprendrent à obéir. Il a toujours "aimé" tout ce qui avait trait de près ou de loin à la torture et il aimait décrire dans les moindres détails les sévices que j'aurais à subir s'il décidait de m'envoyer là-bas. Bref, j'en avais une peur bleue, de ce "foyer".
Ce soir-là, après m'avoir fait comprendre qu'il ne m'aimait plus, il me prit par les cheveux et m'amena au salon, où ma mère était en train de faire de la couture. Il me fit m'asseoir et discuta devant moi avec ma mère des foyers à appeler pour se débarrasser de moi. Je criais que je ne voulais pas y aller que je serrais désormais sage, obéissante et soumise mais rien n'y fit...Ils continuaient à élaborer leur plan "foyer".
Mon petit frère Stanley est né durant l'année de mes 10 ans. Ma mère était de plus en plus dépressive et menaçait souvent de se suicider. Mes parents avaient réussi à me faire croire que c'était de ma faute et je me sentais énormément coupable de l'état critique de ma mère et de leurs gros conflits conjugaux quotidiens. Je devenais aussi de plus en plus souvent la confidente de ma mère. Ainsi il n'était pas rare qu'elle vienne au milieu de la nuit, alors que je dormais déjà, me raconter en sanglotant ses problèmes avec mon père. Je la consolais et la couvrais de baiser jusqu'à ce qu'elle retourne se coucher, apaisée. Je prenais le rôle de mère pour ma mère. Elle, elle ne me consolait jamais lorsque j'étais à bout de force. Nous avons échangé nos positions au sein de la famille. Et pas que pour cela...
Ma mère pleurait souvent à table quand il y avait une dispute avec mon père. Mon père la rabaissait souvent en la traitant d'incapable et de flémarde. Et toujours la cause de leurs disputes c'était... moi.
Je me sentais responsable à tel point que parfois je m'acharnais à faire sourire ma mère. Je la tirais de table et avec mon frère Antony nous formions une petite ronde pour danser. Nous tournions jusqu'à ce que ma mère ait retrouvé le sourire. Ensuite je me sentais mieux et moins coupable.
Ma mère a "fugué" plusieurs fois pendant des jours dans la forêt. Mon père la cherchait partout et je crois que nous avions tous peur qu'elle éxecute ses menaces et mette fin à sa vie. Comme je la connaissais bien, c'est moi qui la retrouvais en général, elle me racontait ses problèmes et nous retournions ensemble à la maison.



Commentaires
Sencia le 13/09/2008 à 14:45:32> Jemima; Coucou puce! Trop trop contente de te voir ici et surtout de lire un com's de toi!!!! :-)
T'es super chou merci! Je suis contente si mon blog a pu t'aider à me comprendre un peu mieux car je le sais, je ne suis pas facile tout les jours à capter... lol! Merci pour tes compliments et tes encouragements qui me font beaucoup de bien! Oui tu as raison sans mon passé je ne serrais pas telle que je le suis aujourd'hui. Mon histoire m'as permise de voir derrière les facades et de ne pas me laisser impressionner par des sourires joués et faux. Oui ce serrait génial si mon rêve pouvait se réaliser grâce/ malgré mes souffrances! Merci de m'aider a y croire encore et malgré tout Jemima! Oui la puissance de Dieu s'est montré au travers de mes épreuves et c'est ce qui m'aidera encore et toujours à tenir bon. Ton/votre amitié, soutien et la puissance de notre Dieu. Pour lui rien n'est impossible! Bisous tout fort à bientôt!!!
Jemima le 10/09/2008 à 22:25:23
Hei ça y est Sencia, Je suis enfin sur ton blog! Voilà j'ai lu jusque ici, et ça m'a beaucoup touché. Je crois que je comprends un peu mieux ce que tu es et ce que tu ressents aujourd'hui. Je veux te dire que je suis super fier de toi! Tu es une personne géniale. Et c'est vrai comme tu l'as écris un peu avant, tu ne peux pas effacer ton passer, mais je pense qu'il t'a aidé à développer des qualités que j'apprécie beaucoup chez toi, Et qui peut-être vont t'aider à réaliser ton rêve!! J'espère que tu me comprends juste, je me rends compte que ce n'est ps très compéhensible... Je trouve que ce que tu es aujourd'hui est une magnifique démonstration de la puissance de Dieu, je vais continuer à prier pour toi pour que chaque jour Il te donne le courrage de sourire et de pleurer!
Je vais revenir bientôt lire la suite, à la proch!!!