A 20 contre 2...

 

A  l'âge de 10 ans je rentrai en 3ème année primaire. Le collège des 3ème primaire était séparé de quelques km du collège principal
et nous avions un maître très sévère et violent. Il nous lançait des objets à la figure quand nous regardions ailleurs que sur le tableau, il se promenait toujours avec une baguette dans les main et quand on avait le malheur de ne pas être assis bien droit et nous tapait sur le dos avec sa baguette en bois. 

Certains élèves un peu rêveurs perdaient parfois un crayon ou une gomme dans les casiers de leurs pupitre et le maître le renversait devant toute la classe pour les punir. Les pauvres dûrent ranger toutes leurs affaires devant une classe moqueuse. Et cela en 1997!


Comme précité le collège des 3èmes était éloigné du collège principal, notre maître était donc le seul chef et il pouvait y faire régner l'ambiance qu'il voulait.  Et il ne s'en privait pas!!
Silvain et Lyne étaient toujours dans la même classe que moi. Un jour le maître nous raconta lors d'une leçon d'histoire, l'histoire de la bataille de "Grandson" une grande bataille historique en Suisse.

Il encouragea tous les élèves à reproduire cette bataille durant la récréation. Lors de la pause, tout les graçons (les filles avaient pour mission d'encourager "les soldats") formèrent deux clans. Puis, ils se combattirent mutuellement sous les encouragements du maître. Beaucoup d'élèves sont rentrés ce jour-là avec des bleus mais personne ne bougea...

Nous n'avions pas la télévision et internet à la maison et la seule musique que j'avais le droit d'écouter, était du "Jodel", la musique folklorique Suisse. Et si malgré cette directive de mon père je me permettais d'écouter autre chose (et c'est arrivé!), c'était les coups et encore les coups de mon père...

Puisque Lyne et moi habitions en dehors du village et que nos parents étaient des paysans, nous n'étions absolumment pas "à la page" comme les autres camarades. Lyne et moi, sommes alors rapidement devenues les boucs émissaires de la classe.


Au début les autres élèves nous volaient simplement des objets ou ils abîmèrent des choses qui nous appartenaient. Mais pour finir ce fûrent les coups... Beaucoup de coups!
Lyne et moi avions très peur d'aller à l'école. On se soutenait moralement l'une l'autre mais les maltraitances restèrent. Le maître était tout à fait au courrant de ce qui se passait dans la classe, puisqu'il marchait tous les jours de long en large à travers la cours de récréation,  les bras croisés dans le dos, observant comment les 20 autres élèves s'acharnaient sur Lyne et moi.
A bout de force, Lyne et moi sommes allées vers lui un matin pour lui demander de l'aide. La réponse qu'il nous donna me sidéra:

"C'est pas mon problème réglez ça entre vous!!!!"

On le suplia d'au moins nous donner le droit de rester à l'intérieur pendant la pause, mais il refusa net. Au contraire, il ferma les toilettes à clefs pour que nous ne puissions plus nous y réfugier!
Les autres élèves nous frappaient de jour en jour plus violemment. Entre eux, ils réfléchissaient aux moyens qui nous feraient encore plus souffrir et discutaient entre eux de nouveaux plans...


Un matin, Lyne et moi nous nous sommes retrouvées toutes les deux projetées contre le mur du collège avec en face un groupe de garçons qui nous arrachaient les habits du corps. Les autres encourrageaient et applaudissait chaque fois que nous étions un peu plus nues.On avait tellement honte et on essayait de nous défendre mais nous n'avions aucune chance, ils étaient bien trop nombreux!

On pleurait toutes les deux en appelant le maître à l'aide mais celui-ci se posta derrière les autres élèves et regarda avec un sourire sur les lèvres!!!! Le même sourire que mon père lorsqu'il me tappais et abusait de moi..."Sois gentille, souris et obeis...", " Les autres ont toujours raison même si ils te font mal, tu es nulle tu vaux rien..." Disait-il...


Ils ont finit par réussir à nous déshabiller complètement. Tout allait très vite, je sentais des mains pincer mes "seins" et des autres mains me toucher entre les jambes. Je me sentais salie, livrée, j'avais tellement honte! Lyne subit la même chose. On pleurrait, hurlait mais personne ne vînt à notre secours, on était complètement seules. Les autres rigolaient et nous étions toutes les deux rouge de honte. Quand le maître donna l'ordre de retourner en classe, nous nous rhabillâmes en vitesse et retournèrent en classe. Je n'ai jamais parlé de ça à mes parents, car s'ils avaient su, j'aurais eu droit à une raclée mémorable...

Je tiens à préciser ici que je n'en veux pas à mes copains et copines d'école de cette année, car ils ne se sont pas rendus compte du mal qu'ils nous ont fait. Pour eux ce n'était qu'un bête jeu. Par contre,  je ne comprend pas que notre maître n'ait pas bougé, car c'était son devoir!!


Dans le même collège, une maîtresse aimait aussi user de sa force physique pour punir. Un matin j'avais mal à la gorge et nous avions le chant avec elle. Je ne pouvais pas chanter alors je suis restée à l'arrière du petit cercle que nous formions pour chanter et je me tût. La maîtresse ne mit pas long à s'en apercevoir et me demanda des explications. J'ai essayé de lui expliquer que j'avais mal au cou et que je ne pouvais pas chanter. Elle ne m'a pas crue et m'attrapa pas les cheveux en me traitant de "capricieuse". Elle me tira ou plutôt me traîna devant toute la classe et tapa ma tête au sol à plusieurs reprises en me tenant par les cheveux. Les autres rigolaient et moi je suis partie seule pleurer au toillettes.



Article ajouté le 2008-06-04 , consulté 297 fois

Commentaires


Sencia le 10/08/2008 à 19:28:06
>Saranghee; Tout d'abord un gros merci pour ton com's! Ta compréhension pour mes difficultés me touche bcp et m'encourage à continuer d'écrire mon histoire il est vrai pas toute facile ici. J'en voulait longtemps à ces "copains d'école". Mais un jour il a bien fallu que je me rende à l'évidence; ils ne se sont pas rendu compte du mal qu'il m'avait fait... Ce fut long et douloureux mais aujourd'hui je ne leur en veux plus.
Pour la confiance je réaprend à la donner, car celle que j'ai donné jusque-là n'était que du jeu et de la comédie même pour la plupart des gens qui me sont très proches...
Bisous à toi et bon courage!
saranghee le 27/07/2008 à 17:06:34
Tu n'as vraiment pas eu de chance dans ta vie...Même les adultes ont "abusé" de toi, abusé de leur petit pouvoir, je trouve ça absolument répugnant. Moi à ta place, j'en voudrai également aux "copains" de classe qui étaient d'une violence extrême également. je n'ai jamais eu à l'école des personnes aussi violentes (ou alors "juste" des mots méchants, mais ça n'allait pas au-delà !). Bref, j'imagine la difficulté que tu dois avoir à donner ta confiance aux gens...
angel02 site : CHEZANGELJOJO.blog4ever.com | le 06/06/2008 à 23:03:28
C'est vraiment très triste ton histoire et j'en n'ai froid dans le dos. J'ai vécu des cas similaires mais pas à l'école. Même en vieillissant ces moments douloureux de notre passé ressurgissent et nous ne pouvons jamais vraiment nous en débarrasser.

Bonne chance!

Bises

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