Une petite fille fragile
Après l'épisode de mes 7 ans, ma vie est descendue en chute libre...Les événements difficiles s'enchainèrent comme les maillons d'une chaîne; Ma chaîne de vie. Je n'ai plus jamais parlé de ce qui s'était passé ce jour-là. Mon père m'a fait jurer de me taire et comme il le disait "un père a bien le droit de faire ça à sa fille, tout les pères le font, pas de quoi en faire un drame!" En juillet 1995, l'année de mes 8 ans, je suis entrée en première année scolaire et sortir du milieu familial fut bénéfique pour moi.

Contrairemment à mes parents, je commençais à bien m'intégrer dans le village. Je faisais de la gymnastique aux agrès, de la guitare et du piano, ce qui m'aidait à m'exprimer et aussi à nouer quelques contacts avec les autres enfants du village. Mes parents n'ont jamais vraiment pu s'habituer à notre nouvelle vie. Surtout mon père. Il refusait d'apprendre le français et nous n'avions pas le droit de parler en français à la maison. Mes parents n'avaient pas beaucoup d'amis au village, juste quelques paysans que mon père voyait à la fromagerie ou autres rencontres d'agriculteurs... Ils parlaient du beau temps, de la vache qui devait véler, mais jamais de leurs problèmes familiaux. il fallait que la bonne image persiste.

Ma mère ne sortait jamais si ce n'est pour aller faire les courses, aller à la gym-dames où personne ne parlait avec elle, à l'église, aux soirées de prière de l'église etc... Comme l'église était en allemand et que peu de monde la fréquentait, mon père fut très rapidemment nommé Ancien... Etre Ancien signifie qu'il avait un devoir d'exemple, qu'il peut et doit prêcher le dimanche matin et qu'il a droit à toutes sortes de pouvoirs de décision dans l'église. Il ne s'en est pas privé! Pour beaucoup de gens mon père était un modèle, il n'était pas rare qu'il soit apellé "père spirituel" par de jeunes gens.
Je me réfugiais de plus en plus dans ma chambre et dans un monde imaginaire pour échapper à la situation familiale.

Personne ne savait ou ne voulait savoir ce qui se passait vraiment dans notre famille...
A cause des mots humilliants et des violences de mes parents j'étais devenue fragile. J'étais devenu une vraie poupée dans les mains de tout le monde. Je fesais tout ce qu'on me demandait pour autant qu'on m'aime et m'accepte, je n'ai jamais appris à dire !NON!, quand je ne voulais pas... Ou alors je le disais sans conviction et les gens ne le prenais pas au sérieux.
Les autres le voyaient et le sentaient, j'étais déjà une bonne proie bien docile et silencieuse pour tout être humain susceptible de me vouloir du mal.

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Commentaires
Sencia le 10/04/2009 à 09:23:41> Fee; Coucou très chère Fée! Sois la bienvenue sur mon blog, je suis très heureuse de te voir ici et j'espère que tu te sentira à l'aise dans mon petit monde. Milles mercis pour ton com's et un bout de ton histoire qui m'a beaucoup attristée aussi...
Porter des masques est une des choses les plus marquantes que j'ai appris en tant que petite fille... Surtout ne jamais montrer d'émotions ou sa tristesse...
Cela me fais mal de savoir que toi aussi tu connais si bien ce côté-là de l'abus et de la maltraitance et j'aimerais que tu sache qu'au delà de tout les mots que je pourrais écrire ici pour te dire à quel point je te comprend je te donne mes ressentis et ma compassion intérieur car les mots sont souvent tellement pauvres!
Je trouve génial que tu aie pu comprendre que ce n'était pas de ta faute! C'est déjà un immense pas et je te félicite de tout mon coeur! Car, oui, quoi qu'il te soit arrivé en tant qu'enfant ce n'était pas de ta faute! Tu n'es en aucun cas responsable ou coupable!
Pour ma part j'y travaille encore et mon entourage actuel m'aide beaucoup à vraiment pouvoir l'intégrer.
Je te souhaite bien du courage pour la suite et je me réjouis de te lire!
Je pense fort à toi
Gros bisous remplis de courage et d'amitié pour toi chère Fée
une-fee-peinee le 03/04/2009 à 23:12:26
Bonjour,
Je suis ... heu ... attristée de tout ce que je lis. Beaucoup de propos me rappelle mon histoire.
Et je suis très bien placé pour savoir que la vie toute belle et l'image que l'on donne n'est pas forcément le refflet de la réalité.
Je suis moi-même une thérapie et ce que j'ai pu comprendre (presque totalement à l'heure actuelle), c'est que ce n'était pas de ma faute.
Alors, toi aussi, ce n'est pas de ta faute.
Un enfant n'est pas fautif.
C'est aux grands d'être attentif.
bizz
Fee