Ma mère trouva un psychiatre convenant à l’attente de mes parents dans une ville éloignée de plus d’une heure de route, et ne tarda pas à prendre rendez-vous.Je n’oublierai jamais le jour ou j’ai mis pour la première fois les pieds chez un psy…
Son cabinet se trouvait dans le sous-sol de sa maison entourée d’arbres déjà presque découverts par les humeurs de l’automneet tout étaitfroid, stérile, hostile. Mon cœur battait la chamade et j’avais une grosse boule au ventre. Ma mère avait donné son possible pour me mettre de la pression dans la voiture sur le chemin de l’aller en me faisantbien prendre conscience des problèmes qui m’attendaient à la maison si je disais un mot de travers à leurs encontre, donc la vérité…
L’attente me semblait durer des heures et je constatais en l’observant feuilleter frénétiquementtoutes sortes de papiers publicitaires, que ma mère était encore plus nerveuse que moi. Lorsqu’enfin un homme d’une cinquantaine d’années vint nous chercher à la salle d’attente je compris que jamais je ne dirais quoi que ce soit à cet individu froid et austère, muni des petites lunettes rondes entourant ses yeux absents et distants.Je ne voulais certainement pasconfier mes douloureux et imprononçables secrets à un tel être.Déjà, il était un homme et puis son apparition ne m’inspirait absolument pas confiance.
C’est avec cette attitude de méfiance que j’entrai dans sonbureau, tout aussi froid et austère que la personne y travaillant.Il y faisait sombre, les murs étaient complètement blancs et dénudéset sur le bureau régnait un ordre quasi clinique. Il nous demanda de prendre place, et ma mère, comme pour bien montrer que c’est elle qui parlerait, pris place sur l’unique chaise présente en face du fauteuil où était assit le psychiatre.Je me retrouvais seule debout à côté de ma mère toujours complètement nerveuse.
Lorsque le psychiatre constata enfin que je n’avais pas de chaise ou m’asseoir, il me proposa une chaise habituellement utilisée pour soutenir l’unique plante présente dans la pièce. Je me sentais de trop, mal placée et je ne rêvais que d’une chose : partir de ce lieu glacial et fuir les paroles blessantes et douloureuses qui allaient être prononcées à mon égard.
Ma mère prit la parole en premier et raconta au psychiatre sans s’arrêter toute l’histoire de la police, de l’enquête etc.. En y ajoutant son point de vue sur ma vérité et sa colère à mon encontre.J’avais beaucoup de peine à retenir mes larmes en entendant personnellement le jugement que ma mère posait sur moi.Ses paroles étaient terriblements dures, son rejet insupportable. Elle affirmait haut et fort que mon père était innocent, que j’étais malade d’affirmer qu’il m’avait abusée et que toute la famille était détruite à cause de mes « mensonges ».
Je savais qu’elle avait témoignée en faveur de mon père lors de l’enquête judiciaire mais l’entendre prendre position aussi clairement et sans scrupules pour mon père alors qu’elle savait toute la vérité puisqu’elle y avait elle-même parfois assisté m’arracha le cœur. La souffrance m’explosa en plein visage et tout ce dont j’aspirais intérieurement durant toute la séance était de m’enfuir pour mourir.Par-dessus s’ajouta la culpabilité de voir ma mère pleurer devant cet inconnu austère en prétextant que j’étais la cause de sa souffrance. Ce à quoi, la voyant dans cet état, je fini par croire.
Durant toute la séance ma mère a parlé de sa souffrance à elle tout en essayantde convaincre le psychiatre de ma prétendue maladie qui avait tout détruit, de ma culpabilité, de ma supposée mythomanie et de l’innocence de mon père dans tout cela. Je n’ai pas pu prononcer un mot et lorsque la séance de torture s’acheva enfin, ma mère pris un nouveau rendez-vous qui aurait lieu cette fois sans sa présence.Pendant le trajet de retour, je poursuivi le silence dans lequel je m’étais enfermée durant la séance en ravalant les torrents de larmes qui luttaient fortement pour être libérés.
Suite dans les prochains articles de cette catégorie
Article ajouté le 2009-09-20 , consulté 86 fois
Commentaires
Sencia le 04/10/2009 à 10:56:06
> Yoperette; Chère Yoperette, merci pour tes coups de gueules! Ils remplacent ceux que moi je n'ai pas... Cela m'aide beaucoup, je constate à travers eux que le comportement de ma mère et du psychiatre étaient véritablement injustes. Et que ce ne fut pas simplement mon imagination (comme le disait ma mère) qui me jouait des tours... L'injustice était réelle et elle faisait mal, très mal.
Tu as raison les coups de gueules ne changent rien au faits, mais ils m'aident énormément à reprendre confiance en moi et mes sentiments. Alors Merci du fond du coeur!
Les adultes sont pris plus au sérieux que les ados "malades" comme disait ma mère. Le psy a pensé avoir raison en donnant la parole à ma mère. Par négligence, incompétence ou conviction ? Je ne le sais pas et je ne le saurrai sans doute jamais de manière claire. Reste que la blessure, douloureuse...
Merci Yoperette pour ton soutien. Oui je vais un peu mieux merci, et toi comment vas-tu?
Je pense fort et souvent à toi, bon courage et plein de bonheur!
Bisous tout doux
Sencia
Sencia le 04/10/2009 à 10:36:44
> Mimosa; Chère Mimosa,tout d'abord un grand MERCI pour ta fidélité et tes commentaires. Je suis très très touchée par ton interêt et ton soutien. Merci ma petite maman de coeur!
Tu sais, ta colère me touche beaucoup aussi. Au moment ou tout cela s'est produit je n'avais plus la force d'être en colère, la douleur était trop intense. Je n'avais plus que mes yeux pour pleurer, et aujourd'hui lorsque je "revis" ce moment, je suis blessée et tellement attristée par le rejet et le comportement de ma mère.
Le psychiatre était chrétien et loin de vouloir le juger, je pense qu'il était dépassé. Ma mère l'a asseilli dès son arrivée et il a voulu l'écouter elle en premier. Les séances suivantes ma mère ne fut pas présente mais la confiance était rompue. Je ne sais pas qui le psychiatre a cru et je crois qu'il n'a pas exprimé son avis à ce sujet. Je pense que son but était avant tout d'écouter. Qui et quoi, ne lui importait peu je crois. Mais mon avis n'est pas une mesure à 100% juste bien sûr!
Merci pour le magnifque poême il m'a beaucoup émue. Je ressens dans ce texte la detresse profonde de l'écrivain et je m'y reconnait beaucoup. Même si c'est triste je trouve apaisant de savoir qu'on est pas la seule à passer par là... Et surtout qu'il y a un Dieu puissant capable de nous aider en toutes circonstances. Merci Mimosa pour ce poignant poême!
Gros bisous remplis de bonnes pensées pour toi
Je t'aime fort, fort!
yoperette le 25/09/2009 à 20:54:26
Très chère Sencia
Je ne peux que rejoindre l'incompréhension et l'effroi de Mimosa.
Que ta mère se comporte de la sorte,qu'elle te descende et t'accuse d'etre malade,et encore plus devant toi,mais... comment est-ce possible? Et ce psychiatre, qui n'accorde même pas un point d'honneur à recevoir ses patients,qui ne les laisse même pas PARLER alors que les consultations sont faites pour ca...
Bon,trève de coups de gueule qui ne changeront rien à ce qui s'est passé. J'espère que tu vas mieux chère Sencia,je pense très très fort à toi.
Prends soin de toi.Gros bisous affectueux et amicaux.
Yoperette
Mimosa le 20/09/2009 à 22:17:12
Ça se nomme psychiatre, et mère !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Je abasourdi par ce que je viens de lire ! C’est vraiment affreux !!
Combien ça devait être dure pour toi, ma chère Sencia, de repenser à toutes ces horreurs !
Il y a des choses dans la vie, que nous ne pouvons vraiment pas comprendre ! Comment une mère, peut accuser sa fille faussement, d’une telle manière ! Et comment un soi disant psychiatre, peut croire de tels mensonges ?
Ma chère Sencia, j’aimerais vraiment t’encourager. Tu peux savoir, que dans ton immense détresse, Jésus est avec toi. Il ne veut jamais, jamais t’abandonner. Je te rappel ces paroles que je t’ai certainement déjà écrit !
« C'est toi qui connais tout de mon cœur,
ma détresse ne peux pas rester cachée devant ta face.
C'est toi, Jésus qui pleures et souffres avec moi.
C'est toi qui sais et comprends le mieux ma douleur.
C'est toi qui ces jours là, a pris à la croix tout le mal
que l'on me faisait et ma souffrance.
C'est toi qui me tends la main pour me relever quand je
suis effondrée, écrasée par le poids de la souffrance et du silence.
C'est toi qui sèches mes larmes quand je me retire pour
pleurer dans mon lieu secret.
C'est toi qui me consoles avec tant de douceur.
C'est toi qui me prends dans tes bras pour me serrer
fort près de ton cœur.
C'est toi qui calmes la tempête lorsqu'elle se déchaîne dans mon cœur.
C'est toi qui me donnes la vie, cette vie dont il y a quelques années
j'ai tant de fois penser y mettre fin mais……….
C'est toi qui m'as choisie, bien même avant ma naissance,
pour faire de moi ta servante.
C'est toi seul qui me donnes cet amour si fort.
C'est toi qui malgré tous ces pourquoi, toutes mes
incompréhensions me donnes la force de continuer.
C'est toi seul que j'aime de tout mon cœur et veux suivre toute ma vie. »
Ma chère Sencia, Jésus voit toute ta souffrance, tes yeux rougient par les larmes. Il pleure et souffre avec toi, il comprend ta douleur. Quand tu es effondrée, écrasée par le poids de la souffrance et du silence, il te tend la main, ma chère Sencia, pour te relever. Lui est capable de te consoler, de te prendre dans ses bras, de calmer la tempête.
Je prie pour toi, je pense très fort à toi et je t’embrasse de tout mon cœur !
Ta petite maman de cœur qui t’aime très fort.
Commentaires
Sencia le 04/10/2009 à 10:56:06> Yoperette; Chère Yoperette, merci pour tes coups de gueules! Ils remplacent ceux que moi je n'ai pas... Cela m'aide beaucoup, je constate à travers eux que le comportement de ma mère et du psychiatre étaient véritablement injustes. Et que ce ne fut pas simplement mon imagination (comme le disait ma mère) qui me jouait des tours... L'injustice était réelle et elle faisait mal, très mal.
Tu as raison les coups de gueules ne changent rien au faits, mais ils m'aident énormément à reprendre confiance en moi et mes sentiments. Alors Merci du fond du coeur!
Les adultes sont pris plus au sérieux que les ados "malades" comme disait ma mère. Le psy a pensé avoir raison en donnant la parole à ma mère. Par négligence, incompétence ou conviction ? Je ne le sais pas et je ne le saurrai sans doute jamais de manière claire. Reste que la blessure, douloureuse...
Merci Yoperette pour ton soutien. Oui je vais un peu mieux merci, et toi comment vas-tu?
Je pense fort et souvent à toi, bon courage et plein de bonheur!
Bisous tout doux
Sencia
Sencia le 04/10/2009 à 10:36:44
> Mimosa; Chère Mimosa,tout d'abord un grand MERCI pour ta fidélité et tes commentaires. Je suis très très touchée par ton interêt et ton soutien. Merci ma petite maman de coeur!
Tu sais, ta colère me touche beaucoup aussi. Au moment ou tout cela s'est produit je n'avais plus la force d'être en colère, la douleur était trop intense. Je n'avais plus que mes yeux pour pleurer, et aujourd'hui lorsque je "revis" ce moment, je suis blessée et tellement attristée par le rejet et le comportement de ma mère.
Le psychiatre était chrétien et loin de vouloir le juger, je pense qu'il était dépassé. Ma mère l'a asseilli dès son arrivée et il a voulu l'écouter elle en premier. Les séances suivantes ma mère ne fut pas présente mais la confiance était rompue. Je ne sais pas qui le psychiatre a cru et je crois qu'il n'a pas exprimé son avis à ce sujet. Je pense que son but était avant tout d'écouter. Qui et quoi, ne lui importait peu je crois. Mais mon avis n'est pas une mesure à 100% juste bien sûr!
Merci pour le magnifque poême il m'a beaucoup émue. Je ressens dans ce texte la detresse profonde de l'écrivain et je m'y reconnait beaucoup. Même si c'est triste je trouve apaisant de savoir qu'on est pas la seule à passer par là... Et surtout qu'il y a un Dieu puissant capable de nous aider en toutes circonstances. Merci Mimosa pour ce poignant poême!
Gros bisous remplis de bonnes pensées pour toi
Je t'aime fort, fort!
yoperette le 25/09/2009 à 20:54:26
Très chère Sencia
Je ne peux que rejoindre l'incompréhension et l'effroi de Mimosa.
Que ta mère se comporte de la sorte,qu'elle te descende et t'accuse d'etre malade,et encore plus devant toi,mais... comment est-ce possible? Et ce psychiatre, qui n'accorde même pas un point d'honneur à recevoir ses patients,qui ne les laisse même pas PARLER alors que les consultations sont faites pour ca...
Bon,trève de coups de gueule qui ne changeront rien à ce qui s'est passé. J'espère que tu vas mieux chère Sencia,je pense très très fort à toi.
Prends soin de toi.Gros bisous affectueux et amicaux.
Yoperette
Mimosa le 20/09/2009 à 22:17:12
Ça se nomme psychiatre, et mère !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Je abasourdi par ce que je viens de lire ! C’est vraiment affreux !!
Combien ça devait être dure pour toi, ma chère Sencia, de repenser à toutes ces horreurs !
Il y a des choses dans la vie, que nous ne pouvons vraiment pas comprendre ! Comment une mère, peut accuser sa fille faussement, d’une telle manière ! Et comment un soi disant psychiatre, peut croire de tels mensonges ?
Ma chère Sencia, j’aimerais vraiment t’encourager. Tu peux savoir, que dans ton immense détresse, Jésus est avec toi. Il ne veut jamais, jamais t’abandonner. Je te rappel ces paroles que je t’ai certainement déjà écrit !
« C'est toi qui connais tout de mon cœur,
ma détresse ne peux pas rester cachée devant ta face.
C'est toi, Jésus qui pleures et souffres avec moi.
C'est toi qui sais et comprends le mieux ma douleur.
C'est toi qui ces jours là, a pris à la croix tout le mal
que l'on me faisait et ma souffrance.
C'est toi qui me tends la main pour me relever quand je
suis effondrée, écrasée par le poids de la souffrance et du silence.
C'est toi qui sèches mes larmes quand je me retire pour
pleurer dans mon lieu secret.
C'est toi qui me consoles avec tant de douceur.
C'est toi qui me prends dans tes bras pour me serrer
fort près de ton cœur.
C'est toi qui calmes la tempête lorsqu'elle se déchaîne dans mon cœur.
C'est toi qui me donnes la vie, cette vie dont il y a quelques années
j'ai tant de fois penser y mettre fin mais……….
C'est toi qui m'as choisie, bien même avant ma naissance,
pour faire de moi ta servante.
C'est toi seul qui me donnes cet amour si fort.
C'est toi qui malgré tous ces pourquoi, toutes mes
incompréhensions me donnes la force de continuer.
C'est toi seul que j'aime de tout mon cœur et veux suivre toute ma vie. »
Ma chère Sencia, Jésus voit toute ta souffrance, tes yeux rougient par les larmes. Il pleure et souffre avec toi, il comprend ta douleur. Quand tu es effondrée, écrasée par le poids de la souffrance et du silence, il te tend la main, ma chère Sencia, pour te relever. Lui est capable de te consoler, de te prendre dans ses bras, de calmer la tempête.
Je prie pour toi, je pense très fort à toi et je t’embrasse de tout mon cœur !
Ta petite maman de cœur qui t’aime très fort.