Une souffrance imprononçable!

Le spectacle de Gymnastique s'est finalement bien terminé et malgré les rebondissements j'ai fait mon saut périlleux comme tous les autres élèves lors de notre démonstration.

Le printemps 2003 pointait doucement le bout de son nez lorsque Petite Flamme m'invita à un spectacle de patinage synchronisé. Elle était un véritable exemple pour moi. Tel une grande soeur, elle s'occupait de moi, me faisait découvrir le monde et ses sorties, m'écoutait et m'encourageait. Après mes confidences lors de sa visite chez moi, elle faisait tout son possible pour m'aider à sortir de ma prison de silence. Elle savait un peu quand à mon vécu avec Silvain, Marcel et Jean, mais je n'ai jamais pu lui avouer pour mon père... Jusqu'à cette soirée de printemps, ou, dépassée par la peur que mon père s'en prenne aussi à ma petite soeur qui devait bientôt fêter son 7ème anniversaire,  l'âge que j'avais lors de "la première fois", j'ai fini par lui avouer un bout de mon lourd secret...

Elle est restée silencieuse longtemps et m'a écoutée avec patience avant de me demander qui était au courant de mon histoire. Je lui ai parlé de Mme Laffont, du directeur, de l'office des mineur, des assistants sociaux, du médecin et de tout les ceux qui savaient aussi...Je lui ai surtout aussi avoué ma crainte de parler aux assistants sociaux que je voyais désormais régulièrement durant les heures de cours. Je savais qu'ils travaillaient en lien étroit avec la justice et j'avais une peur bleue des conséquences irréversibles qu'il y aurait si je parlais de tout ce que mon père et les autres m'avaient fait subir.

Après notre soirée, Petite Flamme décida de m'aider plus concrètement pour sortir de ma souffrance et elle téléphona à l'office des mineurs pour leur proposer son aide en cas de besoin. Elle m'encourageait toujours à nouveau de leur parler de tout ce qui s'était passé malgré mes craintes.

Lors de mes rendez-vous avec les AS (Assistants sociaux) je minimisais complètement les faits et j'évitais le plus possible de parler de ma véritable souffrance au risque de passer pour une adolescente en mal d'attention. Un jour pourtant, grâce aux encouragements de Petite Flamme et de Mme Laffont que je revoyais de temps en temps, j'ai fini par écrire les faits concrets sur trois feuilles. Je n'arrivais pas encore à prononcer LE mot et en parler me faisais si mal que je ne pu que décrire quelques faits par écrit.

Après avoir lu mes écrits, les AS m'informèrent quand aux possibles peines judiciaires encourues par mes agresseurs. D'après eux, je n'étais pas en danger dans ma famille et mes parents n'auraient donc que l'obligation d'accepter un soutien éducatif de la part d'un curateur désigné par le juge des affaires familiales. Silvain, Marcel et Jean ne risquaient quand à eux aucune peine judiciaire par manque de preuves. A ce moment, en moi, il y avait deux côtés qui s'entredéchiraient. L'un voulait protéger mes parents et les autres agresseurs, et l'autre voulait être reconnu et compris. D'un côté j'étais incroyablement soulagée car mes parents, Silvain, Jean et Marcel ne risquaient donc apparemment aucune sanction pénale et ainsi je me sentais un peu moins coupable d'avoir parlé... De l'autre côté j'étais déçue et triste car j'avais l'impression que ma souffrance n'était pas reconnue et comprise. J'avais peur que l'on me juge comme une ado capricieuse qui joue la souffrance alors qu'elle avait tout pour être heureuse en apparence... Et surtout, j'avais peur que Mme Laffont ne me croit plus du tout en apprenant "le verdict" des AS.

Avant de partir, les AS m'ont avisé de leur intention d'informer mes parents (qui n'étaient toujours au courant de rien) afin de pouvoir terminer "leur travail" en ordre. Cependant, afin d'éviter une confrontation imprévue et violente avec mes parents, ils me convoquèrent pour une dernière séance au collège prévue le jour avant que mes parents ne reçoivent la convocation écrite du juge censé décider des mesures d'assistance adaptées à l'encontre de mes parents.

A ce moment-là j'étais encore loin de me douter de l'incroyable tournure que prendrais les évenements et pourtant la crainte de la réaction de mes parents me torturais déjà quotidiennement l'esprit...


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Article ajouté le 2008-11-23 , consulté 131 fois

Commentaires


Sencia le 28/12/2008 à 15:21:11
> Mimosa; C'est incroyable comme tu as ressenti la ressemblance! Je me sens comme la personne qui a écrit ce texte! Il y a des moments où le passé ravage tout sur mon présent; des souvenirs, des images, des voix, des odeurs et tout me semble si réel et si présent que je revis les scènes encore et encore et cela me détruit intérieurement. Puis il y a les jours où j'arrive à oublier... Un peu... où j'essaye de vivre normalement sans souffrance, sans passé. Rares et courts moments de répis ou le reveil est d'autant plus douloureux quand il s'agit de faire face à ce qui a été et est encore.
La déchirure dont elle parle elle est là me rapellant toujours à nouveau ma souffrance. Je ne peux pas fuire car où que je sois elle sera là aussi, parfois même avant moi. Il suffit d'un regard d'une odeur d'un lieu d'une amiance et je suis à nouveau en plein dedans. Le sol se dérobe sous mes pieds je m'accroche à tout ce que je trouve mais mes forces diminuent et l'abîme en dessous de moi m'ouvre tout grand les bras, telle une solution de facilité, je n'aurrais qu'à m'y laisser tomber. Tout arrêter.
J'aime beaucoup comme elle parle de son ressenti je me retrouve dans ses émotions et sa souffrance. J'ai l'impression d'être comprise réellement.
Merci ma maman de coeur pour cette attention ar à travers cela je sais que tu comprend mon incompréhension et ma souffrance.
Avec Dieu je reprends peu à peu confiance et je VEUX croire en l'espoir et en un avenir meilleur avec Lui pour guide. Même si mon passé assombri toujours mon présent. Merci d'être là ma maman chérie je t'aime de tout mon coeur. Prend bien soin de toi
Bisous accompagnés de la douce lumière d'une bougie pour te réchauffer Je t'aime!



Mimosa le 22/12/2008 à 22:32:05
Cet écrit me fait penser à ton histoire !

Certains jours me semblent si sombres
Les maux de mon coeur me laissent dans l’ombre
Quand ce mal être,ces souvenirs viennent me saisir
Il m’est impossible de regarder,de me tourner vers l’avenir
Rattrapée, plaquée par ce passé, je suis seule dans cette horreur
Je me sens démolie, comme si que tout se brisait, se fissurait à l’intérieur
Mon âme est alors plongée dans un océan de souffrance
Rien ne laisse le croire ainsi en apparence
Le coeur brisé, seule avec cette douleur
qui emporte contre terre mon être et mes pleures
accompagnés des éclats de mon coeur
Comme la lame la plus tranchante qu'elle soit
elle traverse mon coeur
dans toute sa profondeur
La mort voudrait-elle s emparer de moi ?
Quand leurs mains se sont posées sur mon corps
Parfois j’aurai aimé que suive cette mort
Si seulement ces jours là n’avaient pas exister
Comme des voleurs ils ont tout dérobé
me brisant totalement dans mon innocence,
insouciance, enfance et adolescence
Certains jours je vis avec et à d'autres quand tout devient noir
que tout s’écroule sans me laisser une lueur d’espoir
je demande pourquoi à Dieu
Lui, le créateur de la terre et des cieux
Mais au fond je sais qu'Il nous a rendu libre de nos choix
Et eux, ils ont fait le mauvais choix
Je sais que Dieu a en horreur ce qu’ils m ont fait
mais cela n’enlève rien au fait
que je me sente souillée
violée dans mon intimité
Ils n’ont pas respecté ma pudeur, mon corps
me causant beaucoup de tort
je suis perdue dans mon identité, je suis comme morte en moi
Parfois à l’intérieur je me sens mourir
ne cessant de souffrir
je ne sais plus mes goûts et mes couleurs
il ne me reste que mes peurs
Eux, ils connaissent tout de moi
A peine le voile de guérison qui se dépose
Je m'aperçois qu en fait ce n était qu’une pause
Tout fait toujours aussi mal...

Je t'embrasse ma chère Sencia et te sers dans mes bras,
Ta petite maman de coeur qui pense à toi très fort.
Sencia le 17/12/2008 à 19:37:08
>Rosesther; Coucou ma grande Soeur chérie! Quelle joie de te revoir ici!! :-)
Je suis très attristée de savoir que tu ne vas pas bien de ton côté! Si tu veux en parler sache que je suis là pour toi! Tu as mon mail et je ferrai tout ce qui m'est possible pour que tu puisse te sentir un peu mieux... Si tu as besoin n'hésite pas je suis là pour toi ma Grande Soeur chérie!
Ne t'excuse pas de ne pas avoir pu venir plus tôt je comprends très bien que tu n'aille pas le coeur et la force à lire et commenter d'autres blogs pas trop joyeux... Je suis heureuse si tu peux retrouver un peu de courage en me lisant. Tu sais, chaque individu est unique et réagis de manière différente aux évenements difficiles. Je crois que tu fais partie de ceux qui ont beaucoup de ressources et de force.
Je prie très très fort pour toi et j'éspère sincèrement que tu trouvera à nouveau le soleil et la joie pour t'illuminer dans ta nuit.
Que Dieu te bénisse fort ma Grande Soeur de coeur et qu'il te sers fort dans ses bras puissants et te redonne le sourire et la joie.
Milles bisous je pense à toi! Je t'aime fort, fort!
rosesther site : rosesther.skyrock.com | le 16/12/2008 à 14:37:02
me revoila, petite soeur ça fai bien longtem k j n sui pas passé, sache malgré tt j pense a toi, tu, en ce momen c pa tro la pech de mon coté mai tes témoignage, m redone confiance, et j m di k j men sortirai, car tu as vécu pire souffrance k moi et cela n tempeche pa de faire preuve de bravoure et de courage.
merci a petite flamme ki est resté pré de toi pendan ces momen et ta encouragé.
j tm for
Sencia le 29/11/2008 à 10:45:30
> Mimosa; Ma chère Maman de coeur! Nous n'aurons sans doute les réponses à toutes ces questions que dans l'au-delà... Jusque-là je m'en remets à Son immense amour et Sa compassion pour moi... Je sais que Lui Il sait pourquoi. Je t'ai moi aussi beaucoup appréciée dès le premier instant. Tu m'inspirais confiance et tu resplendissais un amour et une gentillesse sans égales... Les quelques mots que nous avons échangés ce jour-là ont prouvé que j'avais raison... Tu es trop géniale et tellement compréhensive! Je n'ai pas pu suivre le cours que j'étais sensé faire avec toi à cause de la suite de mon histoire... ces moments perdus je les regretterai toujours! Mais heureusement Dieu a permi que nous nous retrouvions!! J'en suis tellement heureuse!! Effectivement je luttais pour ma survie déjà ce jour-là. Ca ne se voyait pas... Et c'est souvent encore le cas. C'est parfois pour cette raison que l'on ne me croit pas. Sourire, toujours sourire, c'est ce qu'on m'as apprise depuis petite et j'ai bien appris ma leçon...

Merci pour ce magnifique passage qui m'as beaucoup, beaucoup touchée et encouragée! Il est vraiment émouvant et beau!
Je t'aime de tout mon coeur ma Maman de coeur! Tu me manque bcp! Milles bisous du fond de mon coeur. Prend soin de toi!

Mimosa le 26/11/2008 à 23:00:13
Coucou ma chère Sencia,

Oui, quelle souffrance imprononçable !! Quelles angoisses torturaient ton cœur ! Ma pauvre Sencia, pourquoi tant de souffrance ???
Quand je t’ai vu pour la première fois, tout de suite je t’ai aimé, je ne peux pas expliquer, mais tout de suite je t’ai eu très à cœur. Bien que je n’avais aucune idée de ta souffrance indescriptible, de tes angoisses et des chemins incompréhensibles que tu devais passer. Tu étais je pense dans ton immense souffrances broyé comme le grain sous la meule. Peut-être que ce passage te fera un peu de courage !

La prière de l'âme désespérée qui cherche un refuge en Christ atteint toujours son but. C'est l'extrême faiblesse lançant un appel à l'amour infini. Impossible qu'une telle prière reste sans réponse. Job demandait: "Dieu entendra-t-il son cri quand la détresse viendra sur lui? Le Dieu qui entendit la voix du jeune Ismaël, abandonné par sa mère sous un arbrisseau répond: "Moi, j'entendrai".
Ami éprouvé, qui te sens peut-être broyé comme le grain sous la meule, approche-toi du Seigneur Jésus. Ouvre-lui ton coeur. Si tu ne trouves pas tes mots, pleure à ses pieds. Il recueillera tes larmes, il pansera tes plaies. Son but c'est de te faire du bien, non pas le bien que tu désirerais peut-être, mais celui que selon sa sagesse il veut pour toi. Confie-toi en lui. Ta sûreté, dis-toi bien qu'elle consiste à t'abandonner à sa miséricorde, à lui expliquer tes problèmes en lui laissant le soin de les résoudre à sa manière, toujours la meilleure.

Je t’embrasse très fort, ma très chère Sencia et je te sers sur mon cœur bien fort.

Ta Mimosa, qui prie pour toi.

Sencia le 26/11/2008 à 21:06:34
> Nébuleuse; Je suis très touchée par la compréhension que tu offre à mes sentiments, mes émotions et mes réflexions. Il n'y a qu'une minorité de gens qui comprennent vraiment ce que signifie "trahir" en dénonçant ses propres parents en tant qu'enfant ou ado. J'avais brisé le secret sacré et cela m'était impardonnable, même si aujourd'hui je sais que cela m'a sauvé la vie.
Je suis heureuse si tu as pu rendre justice à ta façon pour toi et que tu as ainsi pu te libérer un peu de la rage qui t'habitais. Je suis fière de toi pour tout le courage que tu as eu en le faisant!
Merci pour ton compliment et je te le retourne! ;-) Merci de ta fidélité ma grande soeur! Milles bisous et courage ma belle! Tu es très forte je le sais! :-)
Sencia le 26/11/2008 à 20:57:00
> Petite Fée; Merci mille fois pour ton com's qui me bouleverse bcp! Oui cela fait longemps qe l'on se connaît et malgré le temps et les épreuves nous sommes resté meilleures amies... Et c'est un énorme privilège pour moi!:-) Effectivement écrire mes souvenirs est très douloureux pour moi, je n'aurais jamais commencé ce blog sans ton soutien et ton aide et au fond c'est grâce à toi que j'en suis là aujourd'hui! Et je ne t'en remercierai jamais assez! Merci de croire en moi, en ce blog et d'être là! Je t'aime ma puce de tout mon coeur! Tu me manque cruellement!!
Nébuleuse site : droplet-of-blood.blog4ever.com | le 24/11/2008 à 16:57:37
Je n'ose imaginer par quelles souffrances psychologiques tu as du passer face à ce paradoxe. Une fois de plus, je te comprend que trop même si moi de mon côté j'ai rendu ma propre justice à ma façon. Mais je sais que c'est difficile de vouloir être reconnue et en même temps d'avoir peur des conséquences.
Comme Petite Fée je suis épatée de voir comment tu te sors si bien dans l'écriture de tes articles. Je t'envoies plein de courage pour écrire la suite.
Bisous tendre.
Petite Fée le 23/11/2008 à 21:44:05
Coucou

Tu sais, je te connais depuis de longues années... Mais là tu m'épates ! Je suis un peu au courant de tout ce que tu as souffert en ce temps-là, et je sais que c'est très dur pour toi d'écrire tout ça ! Mais quand je vois comme tu fais tes articles, l'un après l'autre, décrivant toute cette histoire avec persévérance, je suis incroyablement fière de toi !
Continues comme ça, même si c'est dur ! Va jusqu'au bout ! Je t'adors ! Et je serai toujours là pour toi !

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