Le Prof de Gym

Quelque mois avant "la séance" dans le bureau du directeur, un autre événement traumatisant se produisit pour moi.

Notre prof de gym était réputé dans le collège pour ses colères explosives. Au mois d'octobre 2002, alors que notre classe répétait une chorégraphie pour un spectacle dont les bénéfices récoltés étaient pour le prochain camp de ski, il nous exhorta à entraîner le saut périlleux.

Pour nous exercer à avoir de la hauteur lors du saut, il plaça un trampoline en face de la scène où nous devions atterrir. Chacun notre tour nous sautâmes en périlleux sur la scène. Lors de mon deuxième passage, je ne pris pas assez de hauteur et les lois de l'attraction terrestre faisant, j'atterris de tout mon poids le crâne en avant sur le rebord de la scène. Un peu sonnée mais habituée à la douleur physique, je me remis tranquillement dans la file d'attente. Au bout de quelques minutes un camarade de classe demandant de mes nouvelles, eu une expression d'effroi en me regardant... Il appela d'un ton paniqué le prof de gym. Je ne comprenais pas grand chose lorsque soudain je sentis un liquide couler sur mon front, puis sur mes yeux, pour finalement tomber sur mes savates de gymnastiques blanches. Des gouttelettes rouges tombaient une à une sur le sol et bientôt mes yeux furent tellement couvert de sang que je ne voyais plus jour. Le prof de gym ne réagit pas tout de suite et banalisa l'histoire en disant que ça allait passer...

Lorsqu'il vit que le sang n'arrêtait pas de couler, il me proposa de m'emmener chez le médecin scolaire.  J'ai alors dû affronter 7 points de suture sur l'avant de mon crâne...

Quelques mois plus tard, je pouvais reprendre les cours de gymnastique scolaire, et avec cela les entraînements pour le spectacle. Notre prof de gym n'avait pas abandonné sa technique dangereuse des sauts périlleux et mon tour ne tarda pas à venir pour sauter à nouveau sur la scène. L'accident m'avait rendue méfiante et peureuse et je me faufilais de file en file pour éviter d'avoir à sauter à nouveau. Lorsque le prof de gym remarqua mon petit manège il m'interrogea sur le pourquoi je refusais de sauter. Je lui ai expliqué poliment que j'avais peur de sauter à cause de mon accident. Trouvant que ce n'était pas une raison suffisante pour outrepasser ses directives,  il m'ordonna de sauter quand même. Malgré cela, je me retirais doucement à chaque fois que mon tour venait.

A la fin de la notre cours de gymnastique, le prof m'ordonna de ranger le trampoline en me reprochant  mon insolence d'avoir refusé de sauter contre la scène. Dans un reflexe de rébellion et d'incompréhension j'ai détourné les yeux sans vraiment réfléchir puis, sans avoir eu le temps de comprendre quoi que ce soit je me suis retrouvée projetée de force contre le mur derrière moi. Le prof de gym, était près de moi, presque collé. Lorsque j'ai enfin compris ce qu'il se passait j'ai commencé à pleurer et à le supplier de me laisser en lui demandant sans arrêt "pardon!, pardon!". Toujours à nouveau il me criait dessus et me projetait contre le mur en me secouant devant les yeux de toute la classe choquée. J'avais une telle peur de lui que je regardais sans cesse le sol. Il me hurlait à la figure de le regarder dans les yeux. Après quelques minutes qui me semblèrent une éternité il me relâcha. Et je partis en pleurant dans les vestiaires.

Peu de temps après, les autres filles de ma classe me rejoignirent révoltées. Toute la classe avait silencieusement assisté à mon humiliation et ils me conseillèrent d'aller le dénoncer au directeur ou à mes parents. Je ne voulais pas le faire car j'estimais que tout cela était de ma faute comme mes parents me l'avaient si bien appris, mais surtout je savais ce qui allait m'attendre à la maison si mes parents l'apprenaient. J'avais été malpolie en détournant les yeux et je m'en voulais d'avoir provoqué la colère de mon prof. Mes camarades de classe encore sous le choc, en parlèrent à notre prof de classe après le cours de gym. Celui-ci estimait qu'il n'y avait pas de quoi en faire une histoire et qu'il fallait oublier cela.

Pour moi ce fut une fois de plus la preuve que c'est moi qui avait tort. Le lendemain j'ai pris mon courage à deux mains et je suis allée m'excuser auprès du prof de gym, qui ne se priva pas de me rappeler mon irrespect.

Le monde autour de moi semblait s'être mis d'accord pour m'accuser de tout et de rien.  Je n'avais pas droit à la parole, pas droit à un avis personnel. Je culpabilisais quotidiennement d'être ainsi, de ne pas être comme cela ou tout simplement d'être en vie.

Texte à suivre dans le prochain article


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Article ajouté le 2008-11-16 , consulté 163 fois

Commentaires


Sencia le 17/12/2008 à 19:20:38
> Ness39; C'est incompréhensible effectivement. Je crois qu'en psychologie il existe une sorte de loi qui dit que lorsqu'un enfant est vicime de mauvais traitements dans sa famille il est plus vulnérable pour d'autres potentiels bourreaux. Son manque de confiance en lui est ressentie par certains bourreaux comme une invitation et c'est pourquoi il y a parfois de véritables "chaînes du malheur" pour ces enfants, adolescents et adultes. Je pense que dans mon histoire cela a joué un grand rôle. Le prof de gym à ressenti mon insécurité et ma peur et il en a profité, inconsciemment peut être mais conscient de son acte.

Ma confiance en autrui en a effectivement repris un autre grand coup. Heureusement que mes amies ont su equilibrer la balance et ne pas me faire perdre complètement le sol sous les pieds.
Merci Ness39 d'être passé, ça me touche beaucoup! Milles bisous et beaucoup de jolies petites lumière en ces froides et sombres journées d'hiver
Ness39 site : ness39.blog4ever.com | le 15/12/2008 à 12:12:20
Non mais c'est pas vrai cet enchaînement de mauvais évènements. Je ne comprends pas le comportement des gens. C'est révoltant, c'est....arf il n'y a pas de mots pour qualifier ce que je pense réellement. Comment veux tu avoir confiance après cela....Kiss. A bientôt.
Sencia le 22/11/2008 à 15:14:05
> L'innocente; Bien que comme toi j'ai eu tendance à le croire, je ne crois pas qu'il fut réelement un monstre... Il était visiblement dépassé par sa propre souffrance et son seul moyen d'expression à ce moment fut la violence. Je n'ai pas eu vraiment d'autres exemples adultes et pour moi ce ne fut que la confirmation de tout les dires de mon père et de ma mère. Coupable d'être moi, coupable d'exister!

A mon avis il y a plusieurs réponse à leur non-assistence, voici quelques exemples:
>La violence est souvent soit minimisé et sous estimée
> soit ignorée par peur ou par doutes
> soit volontairement excusée par protection pour l'auteur qui est une personne appréciée et connue.

A mon avis c'est la dernière réponse qui a fait foi pour les autres enseignants. Quand aux élèves ils avaient bien trop de respect et de peur pour pouvoir agir. Ils étaient complètement sous le choc.

Merci L'innocente pour ton soutien et ton amitié qui m'est très, très précieuse!
Mille millions de bisous à bientôt!

Sencia le 22/11/2008 à 14:59:06
> Mimosa; Il y a une sorte de loi connue qui dit que souvent malhereusement, les bourreaux savent lire dans le comportement et les yeux de leur victime leurs vulnérabilité. J'ai longtemps cherché pourquoi tout cela à dû m'arriver à moi, pourquoi cet enchaînement et ces répétitions de violences diverses. Etait-ce dû à mon comportement et/ou à ma façon d'être? La loi citée ci-dessus est celle qui m'as le plus convaincue lors de mes recherches. J'essaie de me déculpabiliser mais c'est encré en moi et je n'arrive pas toujours à détecter ma culpabilité avant qu'elle ne fasse des dégâts. J'apprends, je suis en route... Et grâce à toi je réalise bien des points qui m'étaient inconscients et inconnus jusque-là!
Merci milles fois ma Maman de coeur chérie! Je te sers très fort sur mon coeur
Sencia le 22/11/2008 à 14:46:26
> Rosesther; Ma grande soeur chérie! Quelle joie de recevoir un com's de toi!! :-) Ce prof avait déjà bcp d'antécédents au niveau de la violence. Il avait eu un grave accident et sa souffrance apparamment se manifestait par la violence... Le directeur, les autres enseignants tous savaient pour ses crises, mais je pense que la pitié pour lui (a cause de son accident) et l'involonté d'agir à triomphé sur l'aide et la protection des élèves pour eux.

Merci pour tes compliments et ta compréhension qui me motivent énormément de continuer à m'accrocher et à me battre. :-)
Je ne revois plus mes anciens enseignants et le prof de gym, car suite à des rumeurs et un rejet invivable(plus d'explications dans mes articles suivants...), je suis partie habiter loin du village ou j'ai passé mon enfance. Quand à la médiatrice scolaire lorsque j'ai voulu reprendre contact ses accusations et son rejet m'as fait tellement mal qu'aujourd'hui je n'ai plus de nouvelles. Les seules réactions que j'ai constaté lors des rares rencontres furent une gêne évidente de leur part et puis leur fuite rapide.
Bref ce n'est pas évident à vivre! Mais je continue pas à pas mon chemin avec l'aide du tout puissant.
Je t'aime très fort ma soeur et te fais de gros gros bisous tout doux
Sencia le 22/11/2008 à 14:28:26
> Petite Fée; Oui tu étais là aussi, et du haut de tes 15 ans tu as su comme personne m'écouter et me comprendre lorsque je ne savais plus qui était le/la coupable dans tout cela. Je n'ai pas de mots assez forts pour te remercier pour tout ce que tu as été/est toujours pour moi. T'es ma meilleure amie et j'amais je n'oublierai tout ce que tu représente pour moi. Je t'aime du fond du coeur et tant que je le pourrai sache que je serrai là pour toi comme tu l'as été pour moi.
Grooooooos bisous ma Puce jtd!!
linnocente le 22/11/2008 à 11:49:18
Encore un monstre!
Je ne comprends pas que personne n'ait réagi.


Mimosa le 19/11/2008 à 23:00:52
Ma chère Sencia,

C’est vraiment horrible tout ce dont tu as dû subir. Je ne comprends pas qu’il y a des gens si méchants, et cela devrait être un prof !!!

Ma chère Sencia, toujours à nouveau tu prenais la faute sur toi, toujours à nouveau tu te culpabilisais !
Mais j’aimerais encore une fois te dire, tu es victime à 100%, ce n’est pas ta faute. J’aimerais tellement que tu ne te culpabilises plus.

Je t’embrasse très, très fort et te dis à bientôt !
Ta Mimosa qui t’aime de tout son cœur

rosesther site : rosesther.skyrock.com | le 18/11/2008 à 15:14:06
vraimen la je ne sai plu koi dire encore, des gens ki non ocune pitié de povre inocen...
c révoltan, a dire kil non pa de keur, laissé un enfan komsa san défense, minimisé tt ce kil vi, le considéré come caprice ou je ne sai koi... pffffffff c chokan.
j ne cesserai de te le répété sencia tu es une fille bien pour suporté tt ça et en faire un fardo rien k pour toi, et protégé tt ce ki ton fai mal, ce ki t tué intérieuremen...ojourdui est ce kil tarive de rencontré ceux la, tes professeur, si oui commen réagisse til lorskil te voi????
Dieu te garde, continu de tacroché.
Petite Fée le 17/11/2008 à 18:01:33
Et je suis témoin occulaire de ce qui s'est passé dans la salle de gym !

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